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Où ai-je été

Mis à jour : il y a 5 jours

J'ai la page blanche qui éblouit mon silence.

Mais où ai-je donc été ? Je suis arrivée les pieds dans l'autre. Me suis laissée porter par le courant rafraîchissant. A la rencontre des reliures qui s'accrochent à mon flot. Me suis jetée dans l'étendu des idées désirées. Plongée au plus profond des refaits à délivrer. J'ai écouté les échos dans l'autre, osé tremper ma plume dans ses reflets pour les incarner dans l'art stable.

J'ai cartonné ce qu'ilselles me livraient, péché du regard les tons de leur présence pour fabriquer le réceptacle de leurs pensées. Récolté des bribes et des blabla tendus par euxelles, entendus par mes oreilles, pour travailler avec le zeste empathique. Sillonné l'âme de la matière du bout d'ma lame. Allant vers l'imprévu, bravant les ratures à l'endroit des erreurs, j'ai exploré de nouvelles possibilités puis me suis laissé le temps de les intégrer pour les fabrications futures.

Passant entre les mailles du filet des restrictions qui freinent actuellement la déambulation et l'exposition des artistes, j'ai suivi les ondes à la rencontre de curieux-es heureux-es des carnets, du bouche à oreilles, la passion prise dans la corne de l'élan, mon stock s'est r'vidé. Et dans la rencontre sont nés des carnets personnifiés, partis dans leurs mains aussitôt réalisés.

Me fier à la personne

pour improviser. La rencontre est la clé qui ouvre les portes de la création. Je m'inspire de notre discussion pour matérialiser l'imaginé. Je vais à la rencontre du Je. On me lance l'idée, confit un ou deux jetons et la partie peut commencer. Je m'en vais caracoler en synergie cachée. Je m'efface pour surpasser le premier jet de ma pensée.

Le feu de ma volonté baigne dans l'eau, je trouble mon regard les pieds dans l'autre, confonds les pourtours de ce vaste étendu qu'est l'uni vers l'un et l'une. Un travail lent de main, jours et nuits, jusqu'au jour du oui, temps de création et temps d'archivage répartis en équilibre, visibilité virtuelle réduite pour une réalité palpitante. J'étais dans un interstice plus net qu'internet, je reviens clapoter le clavier pour vous faire un coucou, vous mettre au courant !